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Le Train express régional (TER) sera inauguré ce lundi 27 décembre. Il s’agit de la première phase du projet qui en comporte trois. Le bébé est né il y a sept ans. Il devait commencer à marcher à cinq ans. Mais confronté à différents obstacles, il a manqué le premier rendez-vous et plus d’une fois retardé encore ses premiers pas. Aujourd’hui est donc un grand jour.

Quinze rames de train à quatre wagons seront mises en circulation. Elles assureront les rotations du TER sur 36 km, entre Dakar et Diamniadio. D’après les prévisions, 115 000 voyageurs seront chaque jour transportés. Ils auront droit à un véhicule toutes les dix minutes en semaine tandis que le weekend, l’attente sera de quinze à vingt minutes. Le tarif entre deux stations est fixé à 500 francs CFA. Et pour effectuer l’ensemble du trajet (Dakar-Diamniadio), il faudra débourser 1500 ou, pour l’option première classe, 2500.

La deuxième phase du projet sera lancée fin 2023. La ligne du TER comptera à ce moment-là 19 kilomètres de plus et sept rames supplémentaires. Elle reliera Diamniadio à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), pour un circuit de 14 gares. Un troisième tronçon permettra de desservir Mbour et Thiès à une date non encore précisée.

1,3 million d’heures, 19 000 tonnes de CO2…

Le TER est l’une des infrastructures phares du Plan Sénégal émergent (PSE). Selon les spécialistes de la mobilité urbaine, son avènement constitue un grand bond en avant aux plans social, économique et environnemental. Son objectif est de décongestionner Dakar. La capitale sénégalaise concentre 66% de l’activité économique et le quart de la population du pays, soit près de 4 millions de personnes. De plus, cette grouillante métropole, confinée sur seulement 0,3% du territoire national, croît chaque année de 100 000 habitants et 40 000 nouvelles immatriculations de voitures.

Cette urbanisation galopante est étouffante. Elle est à l’origine des embouteillages qui font perdre environ 100 milliards de francs CFA à l’économie sénégalaise. Elle accentue les émissions de polluants responsables de l’une des premières causes de mortalité au Sénégal : les maladies respiratoires.

Le TER devrait permettre, sinon d’éradiquer tous ces maux, du moins en limiter significativement les effets nocifs. Il doit faire gagner 1,3 million d’heures aux automobilistes et entraîner une réduction de près de 19 000 tonnes de CO2 par an.

À cela s’ajoutent d’autres bienfaits. Les près de 10 000 emplois directs ou indirects qui auront été générés durant les phases de réalisation et d’exploitation du projet. Les économies de compensation d’environ 4,5 milliards de francs CFA par an au profit de deux acteurs majeurs des transports publics au Sénégal, le Petit train de banlieue (PTB) et Dakar Dem Dikk (DDD). Les 3000 places de stationnement qui seront libérées…

« Une métropole harmonieuse et durable »

Malgré ces belles prévisions, le TER n’a jamais fait l’unanimité. Il a hérissé les poils de l’opposition. Qui l’assimile à une dépense de prestige, une preuve que le pouvoir actuel n’a pas le sens des priorités. D’aucuns avaient même parié que, malgré les près de 700 milliards de francs CFA déjà engloutis (phase 1), l’infrastructure ne verrait jamais le jour.

Le Président Macky Sall, son architecte, a donc eu raison sur les détracteurs du projet qu’il va inaugurer en cette fin 2021. Il a réussi non sans peine, certes, à transformer en réalité ce qui passait pour beaucoup pour une chimère. Mais le plus dur est devant. Il faudra plus que la mise en circulation de 15 rames pour espérer freiner définitivement les attaques. L’enjeu est désormais de rendre accessible, rentable et durable le TER. De réussir son intégration harmonieuse dans le plan de mobilité urbaine à l’horizon 2035.

Celui-ci comprend divers autres leviers prometteurs comme la mise en circulation des BRT (Bus rapid transit), le renouvellement et le renforcement du parc de transports urbains, une meilleure gestion de la circulation et du stationnement, la construction de 13 autoponts et le prolongement de la VDN (Voie de dégagement nord). L’objectif final étant de faire de Dakar une métropole moderne et prospère. Une ville où il fait à la fois bon vivre et faire des affaires.

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