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Les troupes russes qui contrôlaient une grande partie des régions de Kiev et de Tchernihiv entre fin février et mars 2022 ont commis de nombreux crimes de guerre, affirme Human Rights Watch (HRW). De nombreux témoignages ont été recueillis par des organisations internationales et des journalistes. Une équipe du média américain CNN a rencontré Mykola Kulichenko, un Ukrainien originaire de Dovzhyk, un village de la région Tchernihiv.

Le 18 mars dernier, alors qu’une colonne de l’armée de Poutine se fait bombarder dans le village, les Russes cherchent des responsables. Ils trouvent Mykola qui vit dans une petite maison dans les bois avec ses deux frères, Yevhen et Dmytro. Les trois frères sont emmenés et placés dans un sous-sol où ils sont torturés pendant plusieurs jours. « Ils m’ont frappé avec une barre métallique, et ont mis le canon d’un pistolet dans ma bouche », explique Mykola à CNN.

 « Je pensais que j’allais être le prochain »

Après quatre jours de captivité, l’Ukrainien de 33 ans perd connaissance et se réveille pieds et mains attachés ainsi que les yeux bandés dans un véhicule militaire avec ses deux frères. Les trois hommes sont emmenés dans un endroit pour être exécutés. Son frère ainé, Dmytro, est le premier à être tué. C’est ensuite au tour de Yevhen, le plus jeune des trois.

« Je pensais que j’allais être le prochain », raconte Mykola. Mais par miracle, la balle qu’il reçoit transperce sa joue et sort au niveau de son oreille droite. Gravement blessé, Mykola est toujours vivant, mais fait semblant d’être mort pour garder un espoir de survivre. Il est jeté dans une fosse avec ses deux frères et est enterré.

« J’ai eu de la chance »

Il parvient à sortir de sa tombe alors qu’il a encore les mains et les jambes liées. « J’avais du mal à respirer, car Dmytro était couché sur moi, mais à l’aide de mes bras et de mes genoux, j’ai réussi à pousser mon frère aîné sur le côté de la fosse, puis je suis sorti », indique-t-il.

​Les Russes ayant déserté les lieux, Mykola a finalement pu rejoindre une maison où il a été accueilli par une femme qui l’a soigné et hébergé pour la nuit. Il est ensuite rentré chez lui. « J’ai eu de la chance. Et maintenant je dois simplement continuer à vivre », explique-t-il. « Cette histoire doit être entendue par tout le monde, pas seulement en Ukraine, mais dans le monde entier, car ce genre de choses se produit et c’est juste un cas sur un milliard », ajoute-t-il.

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