0 3 minutes 3 mois

Boubacar Boris Diop pense que Macky Sall n’a pas assez navigué dans l’opposition avant d’arriver au pouvoir comme Wade l’a fait pendant 26 ans. « Je suis désolé de le dire, mais par rapport aux souffrances de milliers d’obscurs citoyens ayant payé au prix fort nos conquêtes démocratiques, il ne représente rien. Il est vrai aussi qu’il s’est écoulé trop peu de temps entre le moment où Macky Sall s’est signalé et celui de son accession au pouvoir. Ce parcours limité et somme toute assez pauvre, n’a rien à voir avec le quart de siècle mis par Wade dans l’opposition ou les longues décennies d’apprentissage de la chose publique par Diouf. Je crois que cela limite la projection de Macky Sall vers le futur, il se retrouve en train de faire du Wade sans avoir le vaste horizon politique de ce dernier. Et le fait qu’on ait découvert toutes ces importantes ressources dans notre sous-sol, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour notre pays » , assure–t–il.

l’écrivain de poursuivre, «Il est le 4e de nos Présidents et on dit souvent qu’étant né après l’Indépendance, il est le mieux placé pour saisir les enjeux du temps présent et nous projeter vers le futur. On a donc attendu de lui qu’il soit plus jaloux que ses devanciers de notre Souveraineté. Ce que je constate au contraire, c’est que la jeunesse de Macky Sall se traduit chez lui par une faible prise en compte de notre histoire, même récente. Il ne semble pas prendre la mesure des luttes acharnées d’avant et d’après l’Indépendance qui ont dessiné le visage du Sénégal qui lui a confié sa destinée».

L’intellectuel sénégalais n’a pas manqué de terminer le portrait de Macky Sall par une comparaison qui donne froid au dos. « Certains comportements de Macky Sall me font parfois penser à Bongo-Père et Cie, la cruauté et certaines extravagances en moins. Cela dit, je soutiens depuis longtemps que les intérêts français n’ont jamais été mieux servis au Sénégal que sous son magistère. Malheureusement pour lui, ce retour en force de la Françafrique qu’il a favorisé coïncide avec le rejet de la France par les opinions publiques de ses anciennes colonies », enchérit–il.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.