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Abus sexuels : l'Eglise défroque finalement le père Bernard Preynat

Bernadette Sauvaget (Libération)


Rédigé le Vendredi 5 Juillet 2019 à 23:49 | Lu 64 fois | 0 commentaire(s)


La justice ecclésiastique a réduit à l'état laïc l'ancien aumônier des scouts de la région lyonnaise, soupçonnée d'agressions sexuelles sur des dizaines de jeunes garçons.


C’est la peine maximale que peut prendre la justice interne de l’Église catholique à l’encontre d’un prêtre. Le père Bernard Preynat, ancien aumônier de scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), soupçonné d’agressions sexuelles sur plusieurs dizaines de jeunes garçons dans les années 1980 et 90, a été réduit à l’état laïc, c’est-à-dire renvoyé de son état de prêtre, a annoncé jeudi dans un communiqué le tribunal ecclésiastique. La procédure de l’Église catholique à son encontre est assez exceptionnelle, à l’image de cette affaire qui a démarré à l'automne 2015 et a provoqué une onde de choc au sein du catholicisme français et une vague de révélations d’abus sexuels.

Dans l’affaire Preynat, le pape François a d’abord levé la prescription (vingt ans après la majorité des victimes), ce qui a permis les poursuites canoniques. De plus, l’institution catholique attend généralement que le procès ait eu lieu devant la justice civile avant d’entamer ses procédures internes. «L’Église a perdu la confiance de beaucoup de ses fidèles, commente à Libération, François Devaux, le président de l’association de défense des victimes, la Parole libérée. Il fallait qu’elle montre qu’elle prenait des mesures.» L’abbé dispose d’un mois pour faire appel de la décision auprès de Rome. Aucune date n’est fixée pour le procès civil de Bernard Preynat. Mis en examen depuis 2016, le prêtre sera renvoyé, selon toute vraisemblance, devant le tribunal correctionnel de Lyon, dans les prochains mois.


10 000 à 20 000 euros de réparation
Après la réduction à l’état laïc de Preynat, le tribunal ecclésiastique va désormais examiner la demande de réparations (des compensations financières) formulée par une trentaine de victimes. «Pour la plupart d’entre elles, précise François Devaux, les faits sont prescrits devant la justice civile.» Cette procédure est une première en France dans des affaires de pédocriminalité dans l’Église. Mais qui serait alors condamné à verser les 10 000 à 20 000 euros, une estimation faite par des sources proches du dossier, à chacune des victimes ? Dans un mail adressé aux plaignants que Libération a pu consulter, le président du tribunal ecclésiastique a précisé qu'il n'avait aucune latitude pour juger le diocèse ou un membre de la hiérarchie catholique. La peine devrait donc s'appliquer à l’ex père Preynat qui risque fort d’être insolvable.

Depuis le début de cette affaire, la Parole Libérée, créée en 2016 dans le contexte de l’affaire Preynat, se bat pour qu’une enquête canonique (interne à l’Église) soit aussi ouverte pour établir les responsabilités de la hiérarchie et du diocèse de Lyon. Les penchants pédophile du prêtre sont, en effet, connus depuis une cinquantaine d'années. Lors du sommet sur la pédophilie, en février, au Vatican, François Devaux a remis une lettre formulant cette requête à Mgr Charles Scicluna, un évêque maltais, homme de confiance du pape dans les affaires d’abus sexuels. «Pour le moment, nous n’avons eu aucun retour», précise-t-il à Libération.


En mars dernier, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir signalé à la justice les agissements de Bernard Preynat. Le prélat a fait appel de cette condamnation et le nouveau procès devrait avoir lieu fin novembre. Pour l’heure Barbarin s’est mis en retrait et le Vatican a nommé un évêque par intérim, Mgr Michel Dubost, à la tête du diocèse de Lyon.









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