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INVICTUS / Plus vite, plus fort : une quatrième vague du Covid inédite et bien réelle

Source : L'OBS


Rédigé le Lundi 26 Juillet 2021 à 23:02 | Lu 108 fois | 0 commentaire(s)


La quatrième vague du Covid démarre sur les chapeaux de roues. Taux d’incidence, taux de reproduction… de nombreux indicateurs s’emballent. Cette vague pourrait-elle être pire que les précédentes ? Réponse en infographies.


Covid-19-Une personne se fait tester, près de la tour Eiffel, à Paris, le 21 juillet. (BERTRAND GUAY / AFP)
Covid-19-Une personne se fait tester, près de la tour Eiffel, à Paris, le 21 juillet. (BERTRAND GUAY / AFP)
Avec près de 23 000 nouveaux cas quotidiens de Covid-19, la France fait face à une flambée des contaminations inédite, en plein été, et alors même que le cap des 40 millions de primo-vaccinés a été franchi ce lundi 26 juillet, dont plus de 33 millions de Français totalement vaccinés.

Dans les dernières vingt-quatre heures, 22 767 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés, soit deux fois plus qu’il y a une semaine (10 949 cas enregistrés le samedi précédent), une hausse particulièrement importante en à peine quelques jours, sous la poussée du variant Delta, plus contagieux. A titre de comparaison, la France n’a jamais dépassé les 2 000 cas quotidiens en juillet 2020, ni les 10 000 cas en août. Bien sûr, à l’époque les Français se faisaient beaucoup moins tester. Plus de deux fois moins, comme le note Guillaume Rozier sur Twitter, mais si le nombre de dépistages peut en partie expliquer le nombre de cas, il ne justifie pas la rapidité de la hausse. En effet, le nombre de dépistage n’augmente pas aussi vite que le nombre de cas.

En d’autres termes, c’est le taux de positivité qui augmente, signe qui ne trompe pas de l’expansion de l’épidémie. Il est ainsi passé de 1,14 % (en moyenne lissée sur sept jours) le 8 juillet, soit 114 cas positifs tous les 10 000 tests effectués, à 1,87 % le 15 juillet, puis 3,85 % le 22 juillet, soit 385 cas tous les 10 000 tests effectués. En deux semaines, le taux de positivité a ainsi été multiplié par plus de trois ! Les derniers chiffres quotidiens (non lissés) dépassent même allègrement les 4 % de positivité, avec un record à 5,12 % lundi 19 juillet.

Un taux de positivité inquiétant : l’été dernier, le taux de positivité n’avait pas dépassé les 2 % en juillet, ni les 5 % quotidiens (non lissés) avant le 6 septembre.

Plus inquiétant encore, le taux de reproduction du virus, le fameux « R », atteint d’impressionnants sommets. Il est ainsi estimé, à 1,96, au 17 juillet, dernier chiffre connu. Autrement dit, chaque malade contamine, en moyenne, deux autres personnes ! Ce qui explique le doublement de l’épidémie, chaque semaine environ. Et qui laisse présager le pire dans deux, trois, voire quatre semaines… A ce rythme, nous pourrions en effet atteindre rapidement les 150 000 cas positifs !

Jamais, depuis que les chiffres sont communiqués, le R n’a dépassé les 1,5 (le précédent record était de 1,49, fin août 2020), soit 1 malade contaminant en moyenne 1,5 autre Français. « La dynamique épidémique est clairement plus forte que lors des vagues précédentes, même si l’on part de plus bas », résumait ainsi Olivier Véran, dès le week-end dernier, soulignant, alors, que « le nombre de nouveaux cas double tous les cinq jours ».

Une vague contenue à l’hôpital, mais bien réelle
Pourtant, l’inquiétude – et les mesures de restriction envisagées – ne sont en rien comparables avec celles des précédentes vagues épidémiques : aucun confinement, aucun couvre-feu… Au contraire, ce sont les levées de restrictions qui se sont multipliées en France ces derniers jours, avant l’extension du pass sanitaire, définitivement adopté par le Parlement dans la nuit : réouverture des bars et restaurant, fin du masque en extérieur, réouverture des discothèques, etc. Une fin de l’obligation du port du masque sur laquelle sont rapidement revenus plusieurs préfets localement, notamment dans l’Hérault ou les Pyrénées-Orientales.

Une forme d’attentisme, sans aucun doute liée à la situation hospitalière, qui ne montre pas, pour l’instant, de dégradation évidente.

En matière de chiffres, la situation hospitalière pourrait donner d’impression d’être proche de celle de l’été dernier : avec environ 6 800 patients à l’hôpital pour Covid ce dimanche 25 juillet, la France est dans la même situation qu’au 15 juillet 2020. Avec 886 patients en réanimation, bien loin du pic de la troisième vague (près de 6 000 patients à la fin avril), la France est dans la même situation que mi-juin 2020.

Mais problème : alors que la France était, en juillet 2020, dans une tendance baissière, elle connaît cette année une forme de stagnation depuis une dizaine de jours, voire une légère hausse en réanimation depuis quatre jours. 859 patients étaient ainsi en réanimation mercredi dernier, le 21 juillet.

Si la baisse, qui s’était encore poursuivie tout une partie de l’été en 2020, marque le pas cette année en France, c’est en raison des nouvelles entrées, qui sont clairement reparties à la hausse depuis quelques jours. Avec 266 nouvelles entrées à l’hôpital (lissées sur sept jours) dimanche 25 juillet, la France connaît autant d’entrées que le 7 septembre 2020, à l’aube de la seconde vague épidémique de Covid. A titre de comparaison, il n’y avait que 105 entrées à l’hôpital en moyenne le 25 juillet 2020.

Les entrées en réanimation sont également reparties à la hausse, avec 54 entrées, en moyenne lissée, dimanche 25 juillet, un chiffre que la France n’avait pas connu en 2020 avant le 11 septembre ! Des chiffres qui font craindre désormais aux autorités de santé que la pression sur les services hospitaliers s’accroisse à court terme, et rapidement, étant donné que la hausse des hospitalisations a toujours été décalée dans le temps d’une à deux semaines après celle des nouveaux cas…

Seule inconnue : l’effet de la vaccination. Le nombre d’hospitalisations devrait être proportionnellement plus faible par rapport au nombre de cas, en comparaison aux vagues précédentes (plus de personnes fragiles vaccinées, laquelle vaccination réduit le nombre de cas graves…). Mais si les nouveaux cas s’envolent massivement, de manière plus importante encore qu’en septembre-octobre 2020, sous l’effet du variant Delta, la « vague sanitaire » suivra. Au risque de voir les hôpitaux de nouveau débordés, en plein été, alors que de nombreux soignants sont en vacances.

L’inconnue des décès
Avec 6 décès comptabilisés dimanche 25 juillet, la France a atteint un total de 111 644 morts depuis le début de l’épidémie en mars 2020 (dont 85 139 à l’hôpital). Ce chiffre de six, particulièrement bas, rappelle ceux de l’été 2020. Attention, toutefois, car il s’agit d’un dimanche, jour de la semaine où le nombre de décès est toujours plus faible, en raison des faibles remontées d’informations des hôpitaux, lesquels se « rattrapent » le plus souvent sur les lundis et mardis.


En moyenne « lissée » sur sept jours, la France a ainsi connu 20 décès dimanche, un chiffre en très légère hausse depuis lundi dernier, 19 juillet, qui avait vu 15 personnes mourir du Covid. Une remontée minime qui ne permet pas encore de tirer des conclusions, loin de là. Ce qui est certain c’est que la France n’a pas encore atteint, malgré la vaccination, les chiffres extrêmement bas de l’été 2020, avec à l’époque, en moyenne lissée, moins de 10 décès quotidiens durant un mois, de mi-juillet à mi-août.

Les récents chiffres sont-ils précurseurs d’une hausse importante à venir ? Difficile de l’affirmer, comme de l’infirmer. Pour nous éclairer, regardons ce qui a pu se passer dans les pays ayant connu une flambée de cas il y a déjà plusieurs semaines : le Royaume-Uni, le Portugal ou encore la Tunisie et l’Afrique du Sud. Comme le montre un graphique réalisé par le « Financial Times » et publié le 18 juillet, les violentes hausses de cas, y compris du variant Delta, ne sont pas reflétées, « en miroir » sur l’infographie, dans les pays à fort taux de vaccination complète, comme le Royaume-Uni (52,6 % de la population totalement vaccinée) ou le Portugal (43,5 %). A l’inverse, le nombre de décès est parfaitement « en miroir » en Tunisie (5,8 % de la population totalement vaccinée) ou en Afrique du Sud (2,5 %).

Il est encore trop tôt, comme le montre ce graphique réalisé par Guillaume Rozier, pour voir l’effet des nouveaux cas sur les décès en France (le graphique des décès étant décalé de quatorze jours, délai moyen observé entre les précédentes hausses de cas et les hausses de décès).

Mais avec près de 50 % de la population complètement vaccinée, la France a toutes les chances, sur le papier, de suivre une trajectoire « à la britannique » ou « à la portugaise ». Il faudrait, pour cela, que les nouveaux cas, qui concernent actuellement en majeure partie des jeunes, non vaccinés, ne touchent pas les personnes fragiles, plus âgées ou avec des comorbidités, qui ne sont pas encore vaccinées (15,1 % des plus de 75 ans n’ont toujours pas reçu une dose de vaccin, selon le journaliste Nicolas Berrod).

Pour cela, il est primordial de casser la progression du virus qui, avec un nombre de nouveaux cas quotidiens qui continueraient à se multiplier par deux, finirait nécessairement par toucher des personnes plus fragiles et non vaccinées…









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