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Insolite / Adolescente tondue à Besançon : cinq membres de sa famille expulsés vers la Bosnie

Source : Le Point


Rédigé le Samedi 24 Octobre 2020 à 21:14 | Lu 435 fois | 0 commentaire(s)


Les parents, l'oncle et la tante de la jeune musulmane bosniaque tondue et battue parce qu'elle fréquentait un chrétien avaient déjà été condamnés à un an de prison.


Insolite / Adolescente tondue à Besançon : cinq membres de sa famille expulsés vers la Bosnie
L'affaire avait particulièrement retenti en France. Cinq membres de la famille de la jeune fille musulmane bosniaque qui avait été tondue à Besançon parce qu'elle était amoureuse d'un jeune Serbe chrétien ont été expulsés samedi 24 octobre vers Sarajevo, a annoncé le ministère de l'Intérieur français dans un communiqué.

Il s'agit des parents de la jeune fille et de leurs trois enfants, a-t-on précisé dans l'entourage de Gérald Darmanin. Les parents avaient été interpellés vendredi 23 octobre au soir dès la fin de leur procès, qui s'est achevé par leur condamnation à un an de prison dont quatre mois de sursis, assorti d'une interdiction du territoire français pendant cinq ans. L'oncle et la tante de la jeune fille avaient écopé de la même sentence.

Cette affaire avait soulevé une vive émotion en France et même à l'étranger, rappelant le sort de milliers de femmes tondues à la Libération pour avoir entretenu une liaison avec un soldat allemand sous l'Occupation. À l'audience, la jeune fille et la famille de son petit ami, présente au moment des faits, le 17 août, ont affirmé qu'elle avait été emmenée dans sa chambre, molestée par les quatre adultes et tondue par son oncle. Les parents, l'oncle et la tante ont reconnu pour leur part une ou deux claques, tout au plus, et soutenu que c'était son père qui l'avait rasée pour « la punir, pour qu'elle ne sorte plus » après une fugue de quatre jours avec le jeune homme, de trois ans son aîné.

« C'est comme une amende »

« Mes parents m'ont mis des coups de poing et de pied », avait déclaré la victime lors de son audition par les enquêteurs, expliquant qu'ils s'opposaient à leur mariage et à ce qu'ils se fréquentent « à cause de la religion ». Mais les membres de sa famille ont contesté cette version, l'oncle estimant que « quand une jeune fille mineure fait une grosse bêtise, on lui tond les cheveux, c'est comme une amende ». « Le fait d'avoir les cheveux tondus, quand c'est imposé, ça nous enlève notre beauté, notre féminité, c'est d'ailleurs le symbole qu'ils voulaient faire passer », a fustigé l'avocate de la victime, Me Céline Party.

Les quatre prévenus « ont réfuté avoir roué de coups Selma. Le père dit l'avoir 'juste tondue', la mère lui avoir 'mis deux claques', la tante 'une poussette sur l'épaule' et l'oncle, ne pas l'avoir touchée », a relevé le procureur Étienne Manteaux. Mais « comment expliquez-vous la sévérité de l'examen médico-légal, côtes cassées, multiples hématomes, 14 jours d'ITT… ? » s'est-il interrogé avant de requérir un an de prison contre les quatre adultes pour ces « faits extrêmement graves ».

Sa famille n'a « rien à faire sur le sol national »

Les avocats de la défense ont pour leur part réfuté un quelconque « passage à tabac ». Les ecchymoses plus anciennes « ne peuvent pas être attribuées à sa famille », c'est son petit ami qui l'a « frappée », ont-ils assuré. Pour Me Patrick Uzan, avocat de l'oncle et de la tante, « cette enfant a trahi la vérité ». « Vous avez affaire à une jeune fille amoureuse de 17 ans qui protège son petit copain et qui ne voit pas le mal qu'il fait », a plaidé Me Catherine Bresson, conseil des parents de la victime.

Réagissant à cette affaire, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait estimé que l'oncle et la tante, arrivés en France en 2016 et qui bénéficient du statut de réfugiés, n'avaient « rien à faire sur le sol national », affirmant qu'ils seraient reconduits à la frontière dès la fin de la procédure judiciaire. Il a tenu parole.









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