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Le FMI prédit une croissance mondiale faible pour longtemps

Source : Les Echos


Rédigé le Mardi 13 Octobre 2020 à 21:22 | Lu 79 fois | 0 commentaire(s)


L'institution multilatérale a amélioré ses prévisions de croissance pour cette année. La récession mondiale ne serait plus que de 4,4 %. Si elle prédit un rebond l'an prochain, elle s'attend à ce que la croissance mondiale soit durablement faible dans les années à venir.



« L'ascension sera probablement longue, inégale et incertaine. » Gita Gopinath, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), se montre très réservée sur le caractère durable de la reprise économique qui se dessine. En publiant mardi de nouvelles prévisions de croissance, l'institution multilatérale a légèrement corrigé à la hausse ses chiffres pour l'année en cours.

Moindre récession

Le recul du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait s'élever à 4,4 % et non à 5,2 % comme avancé en juin dernier . « Cette correction est due à des résultats un peu moins désastreux au deuxième trimestre, ainsi qu'à des signes d'une reprise plus forte au troisième trimestre », observe Gita Gopinath. A commencer par la Chine dont le taux de croissance devrait atteindre 1,9 % et non 1 % comme prévu en juin dernier. La récession, dans les pays riches, serait moins sévère que prévu.

Le Fonds leur prédit une récession de 5,8 % et non plus de 8,1 %. Avec -12,8 % et -10,6 %, l'Espagne et l'Italie payent un lourd tribut. La France voit sa prévision améliorée de 2,7 points de pourcentage à -9,8 %. L'Allemagne s'en sort mieux puisque son PIB ne devrait reculer « que » de 6 % et non de 7,8 %. Aux Etats-Unis, la récession serait de -4,3 %.

En revanche, le Fonds se montre plus pessimiste pour les pays émergents et en développement, avançant un recul de 3,3 % de leur PIB. En excluant la Chine, le chiffre tombe même à -5,7 %. « Les perspectives se sont considérablement détériorées dans certains pays émergents et en développement où les infections augmentent rapidement », souligne l'économiste en chef.

« Les pays qui dépendent davantage des services à forte intensité de contact et les pays exportateurs de pétrole font face à des reprises plus faibles que les économies axées sur le secteur manufacturier », précise-t-elle. Avec un effondrement de 10,3 % de son PIB, l'Inde est particulièrement touchée.

b[ La Chine fait cavalier seul avec une reprise qui s'affermit
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Une croissance à 3,5 %

Pour l'année prochaine, l'institution multilatérale prévoit bien un rebond, estimé à 3,9 %. Mais il sera moins élevé que prévu. Cette crise, souligne Gita Gopinath, laissera probablement des cicatrices à moyen terme, car les marchés du travail mettront du temps à se redresser. L'investissement est freiné par l'incertitude et les problèmes de bilan des entreprises. « Après le rebond de 2021, la croissance mondiale devrait progressivement ralentir pour atteindre environ 3,5 % à moyen terme », prédit-elle. La perte cumulée de production par rapport aux prévisions réalisées avant la crise du Covid-19 devrait passer de 11.000 milliards de dollars en 2020-2021 à 28.000 milliards en 2020-25.

Pas de relâchement

Face à ce choc pandémique sans précédent, les mesures de soutien budgétaire conjuguées aux baisses de taux d'intérêt, d'injections de liquidités et d'achats d'actifs par les banques centrales, soit près de 12.000 milliards de dollars, ont permis d'éviter une catastrophe financière. L'heure n'est pas au relâchement.

« Les gouvernements devraient continuer de fournir un soutien au revenu grâce à des transferts monétaires bien ciblés, des subventions salariales et une assurance-chômage » préconise Gita Gopinath. Ce que préconise également la présidente de la Banque centrale européenne , Christine Lagarde.

Les entreprises vulnérables mais viables devraient continuer à recevoir un soutien - dans la mesure du possible - par le biais de reports d'impôts, de moratoires sur le service de la dette. Les politiques publiques devraient notamment faciliter la réaffectation des salariés des secteurs en difficulté à long terme (tourisme, voyages) vers des secteurs en croissance (commerce électronique).

Coopération sanitaire indispensable

Surtout, une plus grande collaboration internationale est nécessaire pour mettre fin à cette crise sanitaire. Certes, d'énormes progrès sont réalisés dans la mise au point de tests, de traitements et de vaccins, « mais ce n'est que si les pays travaillent en étroite collaboration qu'il y aura une production suffisante et une distribution généralisée dans toutes les régions du monde ». Si les solutions médicales sont disponibles plus rapidement et diffusées plus largement dans le monde, « cela pourrait conduire à une augmentation cumulée du revenu mondial de près de 9.000 milliards de dollars d'ici à la fin 2025 ». Ce qui permettrait de réduire les inégalités de revenus au niveau mondial.

« Il s'agit de la pire crise depuis la Grande Dépression, et il faudra des innovations importantes sur le front politique, aux niveaux national et international, pour se remettre de cette calamité », avertit Gita Gopinath.









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