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POST-ABORTUM / Le “ parrain ” de Karim Wade limogé : Quid du Protocole de Doha ?

Source : Senego


Rédigé le Mardi 27 Juillet 2021 à 21:36 | Lu 69 fois | 0 commentaire(s)


Ali bin Fetais al-Marri, procureur en poste depuis 2002, vient d’être très discrètement débarqué. Il fait l’objet de multiples plaintes internationales.


Selon le journal français Le Point, qui vend la mèche, vendredi, le 6 juillet dernier, le président Emmanuel Macron a reçu une longue missive signée par le cheikh Ahmed bin Khalid bin Mohammed bin Ali bin Addullah bin Qassim bin Mohammed al-Thani. Pour faire simple, il s’agit d’un membre de la famille régnante du Qatar, lié à la dynastie Al-Thani. Il accuse nommément l’ancien procureur général du Qatar « et nombre de ses complices » de détournement des richesses de l’État du Qatar « pour leurs seuls profits ». Et d’avoir « utilisé la France comme refuge pour commettre des actes délictueux en regard de la justice internationale ».
Pour rappel, l’encombrant Ali bin Fetais al-Marri était le médiateur de l’ombre, dans l’affaire Karim Wade. C’est avec ce personnage mystérieux cité dans le « Protocole de Doha » que Wade-fils a quitté le Sénégal, dans la plus grande discrétion, en juin 2016.
Dans un article publié le 12 décembre 2018, le très bien introduit Mediapart s’interroge : « Pourquoi le procureur général du Qatar soutient-il Karim Wade ?» Le journal se laisse convaincre : « Proche du roi du Maroc, qui l’a introduit à des dignitaires qataris, Karim Wade s’était rapproché du Procureur Général alors qu’il était encore à la tête de l’ANOCI. A cette époque, les rumeurs de financements occultes des campagnes électorales du clan Wade étaient répandues dans les cercles diplomatiques. Ambitieux, le Qatar est bien connu pour financer des politiciens à l’étranger, notamment en France.
Ce ne fut donc pas vraiment une surprise de voir le Dr Fetais débarquer en jet privé à Dakar en juin 2016 pour récupérer Karim Wade (…). Fruit d’intenses tractations diplomatiques, l’ancien ministre sera chaleureusement accueilli à Doha, d’où il prépare son retour ».
« Dans un contexte géopolitique tendu, l’ingérence du Qatar dans la politique sénégalaise passe mal. Malgré les largesses du Qatar, le Président Macky Sall se méfierait de cet ami encombrant et de son soutien marqué à Karim Wade. D’après plusieurs observateurs, le Qatar chercherait en fait à placer son protégé comme prochain Président du Sénégal, pour influencer la politique en Afrique de l’Ouest et contrer les intérêts saoudiens », déduit Mediapart.
En août 2018, Ali Bin Fetais Almarri a manœuvré pour obtenir le « réchauffement » des relations entre le Qatar et la Gambie, après un remaniement ministériel qui consacra le retour aux affaires d’ex-barons du régime de Jammeh bien connectés à Doha, tels Mam Bury Njie et Momodou Tangara, redevenus ministres des Finances et des Affaires étrangères.
« Immédiatement après le changement de gouvernement, le Qatar a manifesté son intérêt pour la poursuite de la coopération et des relations entre nos deux pays. Non seulement ils ont envoyé une délégation pour exprimer notre solidarité avec nous, mais ils ont également maintenu et rouvert notre ambassade dans leur pays », a confirmé le président Adama Barrow, qui reçut, le même jour (6 août 2018), les lettres de créance du nouvel ambassadeur du Qatar en Gambie, Son Excellence Faisal Fahad Abdallah al-Mane’a.
Toute la question est maintenant de savoir quelles seront les implications géopolitiques du limogeage de Ali bin Fetais al-Marri, auteur d’une diplomatie parallèle en Afrique de l’Ouest, au service du riche émirat gazier. Pour donner plus de clarté à la question, le Qatar va-t-il continuer à manifester autant d’intérêt pour ce dossier Karim Wade ?









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