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Toni Morrison, prix Nobel de littérature, est morte

La Croix


Rédigé le Mardi 6 Août 2019 à 18:23 | Lu 41 fois | 0 commentaire(s)


L’écrivaine américaine est morte à 88 ans. Elle avait été la première Afro-Américaine à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1993.



Toni Morrison, première auteure afro-américaine à avoir reçu le prix Nobel de littérature, est morte à l’âge de 88 ans, a annoncé mardi 6 août sa famille. Descendante d’une famille d’esclaves, Toni Morrison est connue pour avoir donné une visibilité littéraire aux Noirs.

Mais c’est plus qu’une magicienne des mots et du rythme, plus qu’une romancière noire, que les jurés Nobel ont voulu couronner en 1993. En lui reconnaissant « un esprit original », tout en la plaçant dans la lignée de Faulkner, c’est à un grand écrivain capable d’atteindre à l’universalité qu’ils ont rendu hommage.

De Chloé Antony Wofford à Toni Morrison
Toni Morrison est née à Lorain, Ohio, en 1931. Elle s’appelle alors Chloé Antony Wofford. Wofford, le nom du planteur de Géorgie qui possédait autrefois sa famille. Après des études littéraires, elle commence une carrière d’enseignante, qu’elle abandonne pour travailler dans le milieu de l’édition. Le mouvement des droits civiques bat son plein. Mais c’est dans l’écriture que Toni Morrison choisira de manifester son militantisme.

Une malédiction et une fierté : ainsi les êtres qui traversent son œuvre, essentiellement des femmes aux destins tragiques et magnifiques, portent-ils leur négritude. D’abord, dans L’Oeil le plus bleu (1970) : Pecola, l’enfant noire, sombre dans la folie pour n’avoir pas supporté de vivre dans une société où les canons de la beauté sont la blondeur et les yeux bleus. Ce sont encore les sœurs ennemies de Sula, qui paient au prix fort la double tare d’être femmes et noires.

Maudite entre toutes est Sethe, l’ancienne esclave, que revient hanter le fantôme de l’enfant qu’elle a préféré égorger plutôt que de la voir épouser un destin semblable au sien : la privation de toute liberté. Un meurtre, acte d’amour suprême d’une mère. C’est Beloved (1987), une tragédie d’une intensité bouleversante dont la trame s’inspire d’un fait authentique. Pour ce roman, Toni Morrison reçoit le prix Pulitzer qui la propulse parmi les écrivains majeurs de sa génération.

Une moraliste en quête de justice et de pardon
Dans Délivrances, son dernier roman – publié en 2015 – la grande dame de la littérature américaine conservait encore intacte sa colère contre le mal qui broie l’innocence. Elle y prend la liberté d’aller où elle veut, de dire une parole essentielle que les lecteurs suivront, hypnotisés. Comment se délivrer du mal, comment guérir des blessures, comment repousser les ténèbres ?

L’écrivaine Alice McDermott a fait du Chant de Salomon (1996) son livre de chevet. Elle se souvient de « [son] étonnement devant la beauté et l’humour de la scène d’ouverture parfaitement chorégraphiée, comme un opéra. » Elle a, au fil des années, relu Le Chant de Salomon de nombreuses fois, « [se] promettant toujours de l’aborder avec un regard d’écrivain – d’une manière qui [lui] permettrait de découvrir la mécanique complexe de l’intrigue, sa musique, sa sagacité, ses aspects déchirants. » « Chaque fois le roman résiste à mon œil professionnel et, par son art, fait de moi une lectrice seulement – une lectrice reconnaissante en présence d’un grand livre. »

Écrivain énorme, par l’ampleur des thèmes brassés, la précision de sa construction narrative, la profondeur de ses personnages, les éclats d’humour et les touches de mystère qui composent son œuvre, Toni Morrison était aussi, avant tout, une moraliste en quête de justice et de pardon.








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