riopost
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

DÉSINFORMATION / Soudan du Sud - L'étrange jeu de manche du parquet suédois à l’encontre de la société Lundin et de l’ancien Pm, Carl Bildt


Rédigé le Lundi 31 Mai 2021 à 13:59 | Lu 378 fois | 0 commentaire(s)


Le Soudan du Sud, l'un des pays les plus jeunes du monde aux prises avec les défis d’un État émergent, tels que l'élaboration de la Constitution, la pauvreté, les troubles civils et la pandémie en cours, est maintenant utilisé par un facteur improbable - le parquet suédois.


Alors que le pays d’Olof Palme, connu pour être un modèle de gouvernance en Europe et dans le monde, a travaillé dur pour maintenir sa réputation mondiale de pays des droits de l'homme, avec ses agences nationales de développement et d'autres organisations qui tentent d'aider et de contribuer au renforcement des capacités des États africains, il semble que leurs propres procureurs spéciaux pour les crimes de guerre tentent systématiquement de faire entacher la réputation suédoise en Afrique.

Nulle part cela n'est plus évident que dans le cas de la compagnie pétrolière Lundin, de ses opérations historiques au Soudan du Sud, et d'un des diplomates suédois les plus éminents, Carl Bildt. Historiquement, la société Lundin a réalisé des investissements importants au Soudan depuis 1997. Connu sous le nom de Bloc 5A, Lundin a réalisé cet investissement de bonne foi et conformément aux meilleures pratiques internationales. Il est important de noter que tout cela a été fait sous les yeux attentifs de l'ONU et de l'UE, qui promouvaient le développement économique, en encourageant un engagement actif des compagnies internationales, pétrolières en particulier, dans des projets d’infrastructures qui amélioreraient les conditions de vie des populations locales.

C’est dans cet esprit que les entreprises internationales soucieuses des bonnes pratiques internationales en matière de gouvernance, dont Lundin, ont cherché à conclure des accords avec le gouvernement souverain plutôt qu’avec des fractions ou groupes d’intérêt particuliers.
Il est regrettable que la guerre civile ait perturbé le développement de la région et provoqué des revers ressentis encore aujourd'hui. Certains éléments de l’Armée populaire de Libération du Soudan, alors engagés dans la lutte contre le régime soudanais et pour l’indépendance du Soudan du Sud (actée en novembre 2011) ont utilisé la désinformation comme un outil contre le gouvernement central de l’époque en invoquant, notamment, des facteurs économiques… Ce dernier argument n’est certes pas nouveau, comme l’ont rappelé les professionnels du droit pénal international, et se justifie par l’impossibilité pour les parties plaignantes de faire condamner directement les auteurs présumés de crimes de guerre.


Carl Bildt, diplomate chevronné, alors membre du Conseil d'administration deLundin, connu pour ses nombreuses pérégrinations dans les capitales africaines auprès des leaders du continent pour la paix au Soudan, comme cela a été le cas aussi durant la guerre tragique de Bosnie-Herzégovine.
Carl Bildt, diplomate chevronné, alors membre du Conseil d'administration deLundin, connu pour ses nombreuses pérégrinations dans les capitales africaines auprès des leaders du continent pour la paix au Soudan, comme cela a été le cas aussi durant la guerre tragique de Bosnie-Herzégovine.
Cette campagne de désinformation a été reprise et amplifiée par certaines ONG locales. Il est ressorti que les ONG qui ont porté les accusations initiales contre Lundin et, plus tard, un membre de son conseil d'administration - l'ancien diplomate distingué Carl Bildt (bien connu pour ses efforts de paix en Afrique), en reprenant les accusations, sans fondement juridique, portées par le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A), partie au conflit alors opposée au gouvernement soudanais, ont en fait également été les victimes de cette campagne de désinformation et des manipulations de la part de certains groupes d'intérêt de la population locale. Ceci n'est pas propre à l'environnement africain uniquement, comme nous en avons témoins sur les théâtres politiques européens et américains notamment. Les allégations de ces ONG locales ont été réfutées par les chefs de mission de l'UE et des journalistes indépendants qui ont mené des recherches in situ.
Dès que l'allégation de complicité de crimes de guerre a été soulevée par des politiciens en Suède, la société Lundin a dépêché son responsable de la responsabilité sociétale des entreprises pour enquêter et fournir une évaluation factuelle des événements.
Curieusement, ces fausses allégations ont été reprises par le procureur suédois qui s'est senti justifié à poursuivre Lundin pour une prétendue complicité dans des crimes de guerre commis pendant cette période agitée de 1997 à 2003. L’approche superficielle du procureur suédois et sa hardiesse dans sa compréhension de la question en cause est stupéfiant. La recours au droit pénal international, dans ce qui à l'époque était clairement une question interne et non un conflit international, montre un manque extraordinaire de compréhension du droit international et une arrogance digne d’une vision néocoloniale de l'Afrique. Il est également intéressant de noter que le procureur suédois n'a pas rendu visite et interrogé des témoins potentiels en personne au Soudan du Sud, alors qu'en revanche, Carl Bildt, membre du conseil d'administration de Lundin à l'époque, a été impliqué dans des efforts diplomatiques inlassables, multipliant les allers-retours entre le Soudan et d’autres capitales africaines.

Emblème du pays d'Olof Palme
Emblème du pays d'Olof Palme
En outre, ces fausses allégations ont eu pour effet de freiner les efforts de Lundin pour construire l'infrastructure locale... Accuser Lundin de complicité de crimes de guerre par le financement de la construction d'infrastructures publiques, sur le terrain public, y compris la construction d’une zone d'exploitation pétrolière, est plutôt insensé. Suivant cette logique, le FMI, la BM, la BEI et une myriade d'autres institutions internationales seraient potentiellement soumis àux mêmes accusations, infondées jusque-là.
Dans le nouvel ordre mondial en cours, induit par la pandémie et au flot débridé d’informations (ce que Dr Iqbal Survé a appelé une “ infodémie globale “ lors du Forum des Médias du Brics tenu en début décembre 2020 ; les pays de la Cedeao ont, eux, fait de la désinformation un thème central lors du colloque sur l’Eco tenu la semaine écoulée à Lomé, le Président Macky Sall ayant axé sa première sortie dans ledit colloque à la question), les pays africains doivent rejeter cette approche et repousser un tel activisme aux relents néocolonialistes. Pour nous, Sénégalais en particulier et Africains en général, cela réveille un traumatisme séculaire. Utiliser les pays africains pour la politique intérieure à l'ouest, en l'occurrence la Suède, est déplorable parce qu’une telle attitude remet en question, ou pis, nie la souveraineté des pays du continent. 60 ans après l'indépendance, nous naviguons dans divers systèmes, structures et communautés qui perpétuent l'aversion institutionnelle pluriséculaire envers les Africains.
Bien sûr, il y a beaucoup d'histoires différentes et souvent positives à raconter dans les 54 pays africains. Mais le continent n'a actuellement pas de voix autorisée sur la scène mondiale pour raconter ses histoires telles qu'elles sont et comme il veut qu'elles soient racontées.
Si le parquet suédois passe au procès, cette affaire hautement politisée saperait les efforts véritables de ceux qui se sont engagés à promouvoir la justice internationale. Détruite et irréparable, la réputation suédoise de bastion des droits de l'homme sera une perte pour tous.

Babacar Guèye,
Directeur de publication de Riopost.net,
Membre du Réseau des journalistes pour les Chambres africaines extraordinaires (CAE)









Derniers tweets


Derniers connectés


(Livre) " Sexe, race et colonies " : " Un viol qui a duré six siècles "

L'Obs

L'ouvrage collectif " Sexe, race et colonies " est un événement. Pascal Blanchard, copilote du projet, et Todd Shepard, l'un des contributeurs américains, expliquent à " l'Obs " le plus grand tabou de la colonisation.

Babacar Gueye
30/09/2018