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Russie : pourquoi des milliers de jeunes manifestent chaque samedi à Moscou

Marianne


Rédigé le Mercredi 7 Août 2019 à 00:18 | Lu 25 fois | 0 commentaire(s)


Ces deux derniers samedis, plusieurs milliers de protestataires, en majorité jeunes, ont bravé l’interdiction des autorités pour sortir pacifiquement manifester devant la mairie de Moscou, contre le refus de laisser des candidats indépendants se présenter aux municipales de septembre.​ Pour le respect de la Constitution, et malgré les matraques...


Bilan de ces deux samedis : 1300 personnes arrêtées le 27 juillet et plus de 800 le 3 août. - AFP
Bilan de ces deux samedis : 1300 personnes arrêtées le 27 juillet et plus de 800 le 3 août. - AFP
Ce ne sont pas les gilets jaunes version russe, mais tout de même… Ces deux derniers samedis estivaux en Russie, plusieurs milliers de protestataires, en majorité jeunes, ont bravé l’interdiction officielle pour sortir protester devant la mairie de Moscou. Une action contre le récent refus de la commission électorale, invoquant de très douteuses fausses signatures, d’enregistrer les candidats indépendants aux municipales de septembre à Moscou. En réponse au « niet » des autorités, les milliers de protestataires ont décidé de se « promener pacifiquement » devant la mairie de Moscou, rue Tverskaya, non loin du Kremlin. Face à eux, des cordons de policiers harnachés et armés de matraques les ont bloqués, puis brutalement frappé, alors que les connexions à Internet avaient été interrompues dans le centre ville.

Bilan de ces deux samedis : 1300 personnes arrêtées le 27 juillet - dont la plupart des leaders de l’opposition, notamment Alexei Navalny, condamné à 30 jours de détention - et plus de 800 le 3 août. Une répression massive et aveugle qui a fait de nombreux blessés (et notamment des femmes) et donné lieu à quelques situations cocasses : ainsi, le 3 août, une certaine Natalia Telminova a été filmée par des journalistes, criant à des policiers impassibles qu’elle était membre du parti " Russie unie " de Vladimir Poutine ! Passablement énervée, la quinquagénaire expliquait que son mari (lui aussi membre du parti) venait d’être arrêté et battu, alors que le couple tentait juste de rentrer chez lui. « Je sais comment les choses se passent en ce moment, je veux simplement récupérer mon mari » se plaignait-elle. Depuis, révulsée par la surdité du pouvoir, elle a annoncé son intention de quitter le parti présidentiel et de participer aux marches protestataires à venir. Parmi les « promeneurs pacifiques » des deux samedis, le tennisman Evgueni Kafelnikov, ex-ardent poutinien, s’insurge dans une interview au site Radio Svoboda contre le bannissement des candidats indépendants aux municipales. « J’ai signé pour la candidature de Lioubov Sobol (une juriste collaboratrice d’Alexeï Navalny dans son centre anti-corruption). Refuser sa candidature, c'est se moquer de moi ! », déplore-t-il.

POUTINISME ET AUTORITARISME
Le tennisman réfute par ailleurs la qualification d’opposant : « Ce sont les policiers et les corrupteurs qui méritent ce nom, car ils s’opposent aux Russes d’en bas ». Pour le politologue Andreï Kolesnikov, la détermination du pouvoir russe à piétiner « le droit constitutionnel des citoyens à se présenter à une élection et à s’exprimer » n’a d’égale que celle d’une minorité de citoyens à affronter les matraques des policiers. « Le pouvoir va faire pression, arrêter, et réprimer – sans contrôle et compromis. Il faut s’y préparer ».

Une fois n’est pas coutume, Paris et Berlin, qui ont œuvré au retour de la Russie au sein du Conseil de l’Europe, le mois dernier, ont dénoncé dimanche les arrestations de manifestants de l'opposition à Moscou, et appellent à la libération des personnes détenues. Dans un communiqué, Paris " condamne les interpellations, ainsi que l'usage manifestement excessif de la force qui les a entourées, et " rappelle son attachement à la liberté d'expression dans toutes ses composantes, y compris celle de manifester pacifiquement et de participer à des élections libres et transparentes. « La France appelle à libérer sans délai les personnes incarcérées ces derniers jours et à se conformer aux engagements auxquels elle a souscrit en tant que membre de l'OSCE et du Conseil de l'Europe ». Même message de Berlin, qui condamne « les ingérences répétées dans le droit garanti aux rassemblement pacifiques et à la liberté d'expression », qui « violent les obligations internationales de la Russie et remettent fortement en question le droit à des élections libres et équitables ».

La mairie de Moscou a annoncé qu’elle autorisait un rassemblement le 10 août prochain sur l’avenue Sakharov, loin du centre. En réaction, l’avocate et candidate refusée Lioubov Sobol, en grêve de la faim depuis 20 jours, a exigé des autorités qu’elles fassent « respecter le droit des citoyens à se promener dans toute la ville, et pas seulement sur l’avenir Sakharov ». A bon entendeur…









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